Après les poteaux-poutres de l’ossature, et bien c’est la toiture. Un toit, cela change tout. Un toit, sans que cela paraisse, c’est beaucoup plus important que les murs, En effet on est abrité et cela se ressent nettement dès que la pluie tombe.
Techniquement, on a souhaité avoir une bonne isolation en toiture comme dans les murs. Et comme dans les murs, on a des bottes de paille qui isolent très bien, il fallait au moins aussi bien, et même mieux, car la chaleur monte. Comme la botte de paille est excellente pour isoler et que son impact environnemental est très favorable, on a mis aussi des bottes de paille en toiture. Pour tenir les bottes, on a dimensionné les chevrons pour qu’ils soient de même hauteur que la botte de paille soit 35 cm.
Sous les bottes, on a cogité pas mal pour trouver une solution qui prenne en compte le principe coupe feu, avec si possible un peu d’inertie, sans oublier l’esthétique et le temps de mise en oeuvre, qui conditionne pour beaucoup le financier. On a donc retenu le principe du contre-chevron qui bloque la botte de paille par dessous. Ce contre-chevron est cloué au chevron. Du à un problème de timing, les contre-chevrons ne sont pas en douglas mais certainement en pin traité, C’est du bois qui est resté 5 ans dehors, il ne devrait pas y avoir trop d’émanation dans la maison. Coté écologie, ce bois était déja acheté alors autant l’utiliser.
Du fait des arêtiers, il a fallu traiter les angles. Et comme dans les angles, il y a de la paille en vrac et pas des bottes triangulaires, on a mis de la plaque de gypse (Fermacell) pour soutenir cette paille en vrac. Du même coup, on a l’effet coupe-feu. Ils ont procédé de la même façon pour les finitions proches du faîtage.
Ensuite entre les contre-chevrons on va projeter de la terre qui sera lissée et égalisée de l’épaisseur des contre-chevrons soit environ 2 cm. Ces travaux sont prévus au printemps 07, quand les températures seront un peu plus clémentes pour travailler la terre. Les bottes n’ont pas été pré-trempées avant la pose pour faciliter le montage et par économie financière dans la mesure où la projection devrait remplacer cette action. Idéalement, il aurait fallu, les pré-tremper, les laisser sécher, et les poser ensuite. Dans notre cas en Novembre, nous avons privilégié la rapidité d’exécution en différant l’enduit plus tard.
Voici l’aspect fini en sous face du rampant
Ne sachant pas aujourd’hui, si la terre projetée en rampant tiendra dans le temps, nous mettrons de la volige bouvetée tranquillement dans les 2 ou 3 ans qui suivront.
Au dessus des bottes de paille, il y a un feutre de bois qui couvre les bottes et fait office de pare-pluie. En passant, le feutre va isoler aussi un peu.
Sur le pare-pluie, il y a des contre-liteaux et des liteaux pour tenir les tuiles. Les contre-liteaux sont intéressants pour que la chaleur en été puisse circuler sous les tuiles et s’échapper par les chatières. Sinon, c’est le four sous les tuiles et cela chauffe le haut de la maison.
Au dessus, c’est classique, de la tuile Gelis (Imerys Toiture) modèle Plein Sud. Elle est dimensionné pour en mettre 10 au m2, cela fait moins de manipulation que les 12 ou 15 au m2. Du fait de la taille, elle permet aussi plus de jeux dans les ajustements.
Toujours dans les réglages techniques, les traversées de toiture seront faites plus tard avec une sorte de carroteuse. Il faudra trouver l’engin. Attention aussi, à bien prévoir le chevêtre pour la cheminée. Il faut mini 16 cm entre le conduit et le bois. Les distances peuvent être diminuées avec un conduit bien isolé, attention il faut bien se renseigner et ne pas jouer avec le feu bien sûr !
Sur le côté du garage en toiture, il y a la réalisation d’une échelle pour rigidifier le débord de toiture de 60 cm.
Les planches de rives sont en douglas non traité, non lasuré. Cela va griser dans le temps, mais est-ce bien grave docteur ?
La volige sous l’avancée de toit est en .... douglas aussi, l’aspect est un peu rustique, il va falloir en parler au chef !!!
Le faitage est réalisé avec une technique entre le sec et le mortier. C’est posé à sec et bourré de mortier par les cotés.
Le pan de toit à l’Est est posé, voila ce que cela donne,
Et la touche finale qui n’est pas encore posée, les poinçons de toiture que nous appelons les capteurs cosmiques. Indispensable pour être en relation avec le ciel . Alléluia !!
Et pour finir sur une touche artistique, une photo du toit un matin de décembre après une nuit bien fraîche....
Bonjour,
Un grand bravo, et une petite question au passage. Tu dis qu’il faut mini 16 cm entre le conduit de cheminée et le bois. Mais concernant la paille ? La paille est-elle en contact avec le conduit ? Sinon, comment est isolé le toit autour du conduit ?
Merci
FX
Du fermacell, partout, oui c’est possible, mais, c’est pour essayer de rester fidèle à la devise, des matériaux les moins industrialisés possible, les plus locaux possible, et à ce jeu, la terre du jardin bat tous les records. Le moins tu transformes et le moins tu transportes, plus c’est vraiment écologique. Finalement on a enduit avec de la terre, donc on a donc payé une personne pour faire le travail, plutôt que de payer une machine à produire des plaques. Quand c’est possible, Il y a aussi un aspect social qu’il est intéressant de prendre en compte.
Merci pour les compliments et bravo d’avoir aussi construit en paille.
Olivier
largeur d’environ 20 cm, oui s’était suffissant, car les bottes sont rentrées en force entre les chevrons. les contre-chevrons servant au calage de niveau.
A+ Olivier